René de Obaldia


[BIOGRAPHIE

Le secret

 

Sur le chemin près du bois
J'ai trouvé tout un trésor
Une coquille de noix
Une sauterelle en or
Un arc-en-ciel qu'était mort.

A personne je n'ai rien dit
Dans ma main je les ai pris
Et je l'ai tenue fermée
Fermée jusqu'à l'étrangler
Du lundi au samedi.

Le dimanche l'ai rouverte
Mais il n'y avait plus rien !
Et j'ai raconté au chien
Couché dans sa niche verte
Comme j'avais du chagrin.

Il m'a dit sans aboyer :
"Cette nuit, tu vas rêver".

La nuit, il faisait si noir
Que j'ai cru à une histoire
Et que tout était perdu.

Mais d'un seul coup j'ai bien vu
Un navire dans le ciel
Trainé par une sauterelle
Sur des vagues d'arc-en-ciel !

Moi j'irai dans la lune...

 

Moi, j'irai dans la lune
Avec des petits pois,
Quelques mots de fortune
Et blanquette, mon oie.

Nous dormirons là-haut
Un p'tit peu de guingois
Au grand pays du froid
Où l'on voit des bateaux
Retenus par le dos.

Bateaux de brise-bise
Dont les allées sont prises
Dans de vastes banquises.

Et des messieurs sans os
Remontent des phonos.

Blanquette sur mon cœur
M'avertira de l'heure :
Elle mange des pois
Tous les premiers du mois,

Elle claque du bec
Tous les minuits moins sept.

Oui, j'irai dans la lune !
J'y suis déjà allé
Une main dans la brume
M'a donné la fessée.

C'est la main de grand-mère
Morte l'année dernière.
(La main de mon Papa
Aime bien trop les draps !)

Oui, j'irai dans la lune,
Je vais recommencer.
Cette fois en cachette
En tenant mes souliers.

Pas besoin de fusée
Ni de toute une armée,
Je monte sur Blanquette
Hop ! On est arrivé !



Article ajouté le 2008-05-16 , consulté 31 fois

Liens

Voir les articles de la catégorie " La Poésie "

Retour aux articles