Paul Verlaine
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CITATIONS
L'odeur de rose, faible, grâce au vent léger d'été qui passe, se mêle aux parfums qu'elle a mis.
La pédérastie est un cas bandable.
L'art, mes enfants, c'est d'être absolument soi-même.
Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
On n'offense que Dieu qui seul pardonne.
Baiser ! Rose trémière au jardin des caresses !
L'enfer, ce lieu Ne me parlant plus de Dieu ?
Il ne faut jamais juger les gens sur leurs fréquentations.
Tenez, Judas, par exemple, il avait des amis irréprochables.
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
La vie humble aux travaux ennuyeux et faciles
Est une oeuvre de choix qui veut beaucoup d'amour.
De la musique avant toute chose.
Elle ne savait pas que l'Enfer, c'est l'absence.
La morale la meilleure,
En ce monde où les plus fous
Sont les plus sages de tous,
C'est encore d'oublier l'heure.
Et surtout soyons-nous l'un à l'autre indulgents.
O ! Qui dira les torts de la rime.
Nous avons tous trop souffert, anges et hommes,
De ce conflit entre le Pire et le Mieux.
PUISQUE L'AUBE GRANDIT
Puisque l'aube grandit, puisque voici l'aurore,
Puisque, après m'avoir fui longtemps, l'espoir veut bien
Revoler devers moi qui l'appelle et l'implore,
Puisque tout ce bonheur veut bien être le mien,
C'en est fait à présent des funestes pensées,
C'en est fait des mauvais rêves, ah ! c'en est fait
Surtout de l'ironie et des lèvres pincées
Et des mots où l'esprit sans l'âme triomphait.
Arrière aussi les poings crispés et la colère
A propos des méchants et des sots rencontrés;
Arrière la rancune abominable ! arrière
L'oubli qu'on cherche en des breuvages exécrés !
Car je veux, maintenant qu'un Être de lumière
A dans ma nuit profonde émis cette clarté
D'une amour à la fois immortelle et première,
De par la grâce, le sourire et la bonté,
Je veux, guidé par vous, beaux yeux aux flammes douces,
Par toi conduit, ô main où tremblera ma main,
Marcher droit, que ce soit par des sentiers de mousses
Ou que rocs et cailloux encombrent le chemin ;
Oui, je veux marcher droit et calme dans la Vie,
Vers le but où le sort dirigera mes pas,
Sans violence, sans remords et sans envie :
Ce sera le devoir heureux et gais combats.
Et comme, pour bercer les lenteurs de la route,
Je chanterai des,airs ingénus, je me dis
Qu'elle m'écoutera sans déplaisir sans doute ;
Et vraiment je ne veux pas d'autre Paradis.

