Dordogne : la laie Mimine au tribunal

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9 février 2012 |

 

Par Marie Gasc    

Dordogne : la laie Mimine au tribunal

La détention estimée illégale d'une laie recueillie il y a 12 ans était jugée hier

 

Évelyne Cornu, ici avec Mimine, saura à la mi-mars si la justice la condamne.

Évelyne Cornu, ici avec Mimine, saura à la mi-mars si la justice la condamne.
(photo archives « so »)

Evelyne Cornu, la propriétaire de la laie Mimine, saura le 14 mars si la justice la condamne pour avoir élevé sa laie sans autorisation depuis 12 ans. L'habitante de Veyrines-de -Vergt est poursuivie pour détention illégale d'un animal sauvage. Elle comparaissait hier devant le tribunal correctionnel de Périgueux.

 

À l'audience, le procureur de la République a expliqué « ne pas exiger impérativement la confiscation de l'animal ». En ajoutant : « Nous ne sommes pas là pour appliquer aveuglément la loi. » Il a relevé que dans ce cas « il y a moyen de régulariser la situation. » En effet, Évelyne Cornu a confirmé qu'elle était en train de faire les démarches pour obtenir un certificat de capacité pour un élevage et que l'identification de l'animal auprès des services de l'État était en cours.

 

Le procureur a donc demandé dans ses réquisitions que le tribunal vérifie que la procédure aboutisse bien, tout en considérant que « les infractions », dues au fait d'élever un animal sauvage sans autorisation, étaient « caractérisées ».

 

Une laie sauvage ?


« Il n'est pas question d'assujettir la décision du tribunal à des décisions administratives que ma cliente n'est pas sûre d'obtenir », a réagi Me Barateau, l'avocat d'Évelyne Cornu. « Elle a démontré qu'elle était tout à fait capable d'élever un sanglier. Mais elle n'a pas les compétences requises par les autorités », a-t-il fait remarquer. Il a orienté le débat sur la question de l'état sauvage ou domestique de l'animal.

 

« Peut-on considérer qu'il s'agit d'un animal n'ayant subi aucune modification de la part de l'homme ? », a interrogé l'avocat, en s'appuyant sur une thèse intitulée « L'animal et le droit ». « Certes il n'y a pas eu de modification ADN. Mais c'est pareil pour mes cinq chats ! Et pourtant ce sont des animaux domestiques. Ne faut-il pas prendre en compte les modifications comportementales ? » a-t-il expliqué à la présidente Nathalie Larsabal. « Je prends le cas des cochons sauvages en Corse. Nul n'aurait l'idée de faire un méchoui avec ! »

 

Se référant aux articles du code pénal, il a fait aussi remarquer que la laie ne pouvait plus être enlevée à sa propriétaire, suite à un amendement voté dans ce sens en janvier dernier. Et de conclure : « Il vaut mieux que la laie reste à Veyrines-de-Vergt plutôt qu'elle se termine dans une verrine de verre ! »

 

Pas vendre la peau de l'ours…


Si Évelyne Cornu affichait à la sortie de l'audience un timide sourire, elle a préféré rester prudente. « Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Ma priorité est de garder ma laie, et cela semble possible. Mais je ne veux pas être déclarée coupable. C'est aberrant de passer au tribunal pour avoir sauvé un animal », affirme celle qui a recueilli le marcassin, il y a une douzaine d'années, alors qu'il se trouvait seul en bord de route, pour ensuite le nourrir au biberon avant de lui aménager un enclos.

 

Comment va Mimine depuis le début de ces « démêlés judiciaires » en mai 2011 ? « Elle se porte bien. En ce moment, elle reste sous son abri pour se protéger de la neige. Et elle aime toujours autant les chocolatines », a glissé hier sa maîtresse, touchée par l'émotion qu'a provoqué l'affaire. « Des gens que je ne connais pas prennent l'initiative de faire des pétitions autour d'eux et m'envoient régulièrement des centaines de signatures de soutien. »



09-02-2012 | 62 vues

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